Grève dans la construction résidentielle : voici ce qu’il faut savoir
L'Alliance syndicale qui regroupe cinq syndicats dans le domaine de la construction résidentielle est en grève générale illimitée depuis minuit. Voici ce qu'il faut savoir du débrayage et des impacts potentiels sur les différents chantiers.
Les cinq syndicats de la construction sont la FTQ-Construction, le Syndicat québécois de la construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), la CSD-Construction et la CSN-Construction. En tout, ils représentent 200 000 travailleurs, mais moins de 20 % des heures qu'ils ont travaillé en 2024 étaient dans le secteur résidentiel, selon la Commission de la construction du Québec (CCQ).
La partie patronale du secteur est quant à elle représentée par l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).
Des chantiers toujours actifs, d'autres au ralenti
Le secteur résidentiel englobe la construction de bâtiments où plus de 85 % de la superficie (excluant le stationnement) est réservée à l'habitation, selon la CCQ. Le nombre d'étages au-dessus du sol ne doit pas excéder six dans le cas de bâtiments neufs, et huit dans les autres cas.
La grève touche ainsi les chantiers de construction de maisons unifamiliales et en rangée, en plus de ceux d'immeubles à logements de six étages et moins, excluant le sous-sol.
Les projets de sept étages et plus relèvent du secteur commercial. Ces chantiers ne sont pas touchés par le conflit de travail.
Les travaux de rénovation, de modification, d’entretien et de réparations effectués pour des particuliers par des professionnels sont également exclus en vertu de la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l’industrie de la construction (R-20).

Les travaux de rénovation ne seront pas affectés.
Photo : Getty Images / zazamaza
Le secteur résidentiel ne représente qu'une petite part de l'industrie. Les constructions commerciales, institutionnelles, industrielles, ainsi que les secteurs du génie civil et de la voirie, accaparent plus de 80 % des heures travaillées au Québec.
Ces secteurs ont déjà réglé leurs conventions collectives jusqu'en 2029 et sont donc exempts de la présente grève.
Droit de travailler
Selon l’APCHQ, entre 44 000 et 47 000 projets pourraient être perturbés par la grève. Or, ce n'est pas parce que les travailleurs ont un droit de grève que les chantiers seront nécessairement désertés.
N'étant pas soumis au Code du travail et aux dispositions contre le recours à des briseurs de grève, les salariés peuvent travailler pendant une grève, comme le stipule la loi R-20. Cependant, un employeur ne peut pas forcer la main du travailleur ou de la travailleuse ou lui faire des menaces pour qu’il ou elle accepte de donner une prestation de travail à sa demande. Le droit à la grève demeure légitime
, ajoute l'APCHQ.
Les syndicats et les représentants syndicaux ne peuvent quant à eux pas mener de perturbations à l'intérieur du chantier. Bien que les manifestations et le piquetage à l’extérieur du chantier soient permis, les représentants syndicaux et les représentantes syndicales ne peuvent utiliser l’intimidation et la force pour faire respecter la grève. La décision de travailler ou non revient à chaque salarié
, soutient l'APCHQ.
Rattrapage salarial
Les syndicats souhaitent que leurs membres aient droit aux mêmes salaires que les travailleurs des autres secteurs de la construction. L'entente entre l'Alliance syndicale et les associations patronales des autres secteurs prévoit des augmentations salariales de 22 % sur quatre ans.
Les travailleurs et les travailleuses du secteur résidentiel méritent les mêmes salaires et conditions que dans tous les autres secteurs de l’industrie et doivent pouvoir récupérer le pouvoir d’achat perdu. Leur contribution à la construction de logements et de maisons est essentielle et doit être reconnue
, estime la CSN, membre de l'Alliance.
Mardi en fin d'après-midi, l'APCHQ a déposé une troisième offre à la table de négociations. Elle n'a toutefois pas reçu de réponse officielle de la partie syndicale avant le déclenchement de la grève.
Avec la collaboration de Marie-Ève Trudel
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